L'ancienne mairie (1856-2017)

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La mairie de La Chevrolière en 2014 (Source : Google Maps)

 

Cet historique partiel, réalisé pour l'inauguration du nouvel Hôtel de Ville, le 30 septembre 2017, se fonde surtout sur la liasse cotée 2 O 41/3 (Archives Départementales de Loire-Atlantique) et sur les délibérations municipales du XIXème siècle (Archives Municipales de La Chevrolière).

 

 

Un premier projet d'implantation, dans les années 1843-1844, à la limite nord de la médiathèque actuelle et débouchant en haut de la rue de Nantes, est abandonné en raison du refus de vente du propriétaire du terrain. Il faut noter que l'on parle, d'abord et avant tout, de la construction d'une « maison d'école », c'est à dire d'une école communale de garçons, suivant en cela les préconisations de la loi Guizot de 1833, école à laquelle on adjoindrait une « mairie », c'est à dire des locaux permettant la réunion du conseil municipal, la conservation des archives et l'administration de la commune. Notons aussi que pendant très longtemps le « maître d'école » était également le « secrétaire de mairie ».

 

La municipalité de Pierre Béranger Fils (maire de 1840 à 1852) porte alors son intérêt sur un autre terrain, situé à la limite sud du bourg, entre la route de Saint Philbert et celle de Geneston. Avant même de l'avoir acquis, elle demande à l'agent-voyer du canton, Cochard, de dresser des plans et d'établir un devis. C'est chose faite en juin 1846 : le plan prévoit un bâtiment en T, très en retrait de la route de Saint Philbert, comprenant une « maison de maître » avec un rez-de-chaussée et un étage où l'on trouvera le logement du maître d'école et la mairie, et un second bâtiment, sans étage, perpendiculaire au premier et servant de salle de classe pour 70 élèves. Le devis détaillé s'établit à 11300 Francs.

 

Ce projet, trop coûteux, ne verra jamais le jour. En effet, la municipalité Béranger ne dispose en 1848 que d'une somme de 8037 Francs provenant essentiellement de la vente, à travers toute la commune, de terrains vagues et de communs délaissés. En outre, elle doit faire face, à la même époque, à l'obligation, également coûteuse, de transférer le cimetière vers un nouvel emplacement. Sur cette somme globale, le conseil municipal vote toutefois, le 20 février 1848, une provision de 6000 Francs pour le projet de mairie-école.

 

Le plan et le devis dressés par l'agent-voyer Cochard en 1846 sont revus à la baisse. Sur les conseils du préfet, l'architecte Buron établit un nouveau projet, plus modeste : on abandonne l'idée d'un bâtiment à deux niveaux et d'un plan en T, on supprime le retrait par rapport à la route... Le nouveau devis, dressé en 1849, s'établit encore à 10100 Francs, mais on décide alors de demander un « secours » de 2100 Francs à l'Etat et un autre de 2000 Francs au département, subventions qui viendront s'ajouter aux 6000 Francs dont on dispose déjà.

 

Sur ces entrefaites, Pierre Béranger, démissionnaire, est remplacé à la mairie par un notable bonapartiste, médecin de son état, établi rue des Halles à Nantes, mais aussi châtelain de l'Arsangle, Adolphe Couprie. Ce nouveau maire (de 1852 à 1860), nommé par le préfet, va mettre à exécution le projet si longuement et si difficilement élaboré. En décembre 1852, il acquiert au nom de la commune, le terrain déjà convoité par son prédécesseur, un terrain de 32 ares « situé dans la pièce de la Garne », que son propriétaire, le Marquis des Dorides, cède pour la somme de 300 Francs, avec effet au 1er janvier 1853.