L'ancienne mairie (1856-2017)

(© P. AMELINE Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur)

 

 

Cet historique partiel, réalisé pour l'inauguration du nouvel Hôtel de Ville, se fonde surtout sur la liasse cotée 2 O 41/3 (Archives Départementales de Loire-Atlantique) et sur les délibérations municipales du XIXème siècle (Archives Municipales de La Chevrolière).

 

 

Un premier projet d'implantation, dans les années 1843-1844, à la limite nord de la médiathèque actuelle et débouchant en haut de la rue de Nantes, est abandonné en raison du refus de vente du propriétaire du terrain. Il faut noter que l'on parle, d'abord et avant tout, de la construction d'une « maison d'école », c'est à dire d'une école communale de garçons, suivant en cela les préconisations de la loi Guizot de 1833, école à laquelle on adjoindrait une « mairie », c'est à dire des locaux permettant la réunion du conseil municipal, la conservation des archives et l'administration de la commune. Notons aussi que pendant très longtemps le « maître d'école » était également le « secrétaire de mairie ».

 

La municipalité de Pierre Béranger Fils (maire de 1840 à 1852) porte alors son intérêt sur un autre terrain, situé à la limite sud du bourg, entre la route de Saint Philbert et celle de Geneston. Avant même de l'avoir acquis, elle demande à l'agent-voyer du canton, Cochard, de dresser des plans et d'établir un devis. C'est chose faite en juin 1846 : le plan prévoit un bâtiment en T, très en retrait de la route de Saint Philbert, comprenant une « maison de maître » avec un rez-de-chaussée et un étage où l'on trouvera le logement du maître d'école et la mairie, et un second bâtiment, sans étage, perpendiculaire au premier et servant de salle de classe pour 70 élèves. Le devis détaillé s'établit à 11300 Francs.

 

Ce projet, trop coûteux, ne verra jamais le jour. En effet, la municipalité Béranger ne dispose en 1848 que d'une somme de 8037 Francs provenant essentiellement de la vente, à travers toute la commune, de terrains vagues et de communs délaissés. En outre, elle doit faire face, à la même époque, à l'obligation, également coûteuse, de transférer le cimetière vers un nouvel emplacement. Sur cette somme globale, le conseil municipal vote toutefois, le 20 février 1848, une provision de 6000 Francs pour le projet de mairie-école.

 

Le plan et le devis dressés par l'agent-voyer Cochard en 1846 sont revus à la baisse. Sur les conseils du préfet, l'architecte Buron établit un nouveau projet, plus modeste : on abandonne l'idée d'un bâtiment à deux niveaux et d'un plan en T, on supprime le retrait par rapport à la route... Le nouveau devis, dressé en 1849, s'établit encore à 10100 Francs, mais on décide alors de demander un « secours » de 2100 Francs à l'Etat et un autre de 2000 Francs au département, subventions qui viendront s'ajouter aux 6000 Francs dont on dispose déjà.

 

Sur ces entrefaites, Pierre Béranger, démissionnaire, est remplacé à la mairie par un notable bonapartiste, médecin de son état, établi rue des Halles à Nantes, mais aussi châtelain de l'Arsangle, Adolphe Couprie. Ce nouveau maire (de 1852 à 1860), nommé par le préfet, va mettre à exécution le projet si longuement et si difficilement élaboré. En décembre 1852, il acquiert au nom de la commune, le terrain déjà convoité par son prédécesseur, un terrain de 32 ares « situé dans la pièce de la Garne », que son propriétaire, le Marquis des Dorides, cède pour la somme de 300 Francs, avec effet au 1er janvier 1853.

 

Il faudra toutefois attendre 1854 pour que les « secours financiers » soient débloqués et que l'architecte du département, François Liberge, donne un avis favorable définitif. Le chantier est mis en adjudication le 17 juillet 1854 et le marché est remporté par un entrepreneur du nom d'Auguste Guillet. Les travaux s'étalent sur 18 mois et leur réception définitive a lieu, en présence de l'architecte, le 11 février 1856.

 

Une allusion à la souscription d'une « police d'assurance contre l'incendie au sujet du bâtiment de la mairie, du logement de l'instituteur, de la classe et du mobilier de l'école », mentionnée dans le registre des délibérations municipales à la date du 17 août 1856, fait penser, en l'absence de toute inauguration officielle ou de tout autre indice, que la nouvelle mairie-école est vraisemblablement entrée en fonction au cours de cette même année 1856, sans doute le 1er octobre en ce qui concerne l'école.

 

Il faudra attendre 1860-1861 pour qu'un puits (toujours visible) soit creusé dans la cour de récréation. Dès 1877, la salle de classe s'avère trop petite. Prévue pour 70 élèves, elle en accueille déjà 100 ! Il est alors décidé de construire une deuxième classe et un logement de fonction pour les maîtres. Cet agrandissement sera confié à l'architecte Chenantais. Les travaux, dont le coût s'élèvera à 7350 Francs, seront confiés à un entrepreneur chevrolin, Julien Brochet, et seront achevés en novembre 1879. La capacité d'accueil de l'école communale est ainsi portée à 129 élèves... alors que, déjà, le maire évalue à 140 le nombre de garçons en âge de la fréquenter !

 

L'année suivante, on commande à des artisans chevrolins, la construction d'un mur de clôture du côté nord car « la cour de l'école de garçons est ouverte sur le champ de foire » (actuel parking de la rue Alfred Lemaître) ! Les maçons Léon Bachelier et Jean Neveux, le menuisier Jules Janeau et le forgeron Pierre Macé édifient mur et portail en 1881.

 

En 1898, une bascule publique est édifiée au nord du bâtiment, alors que la croix de l'ancienne église (actuellement dans le cimetière) y a été plantée vers 1890. Une troisième classe est aménagée en 1899 : la rentrée est d'ailleurs repoussée du 1er au 16 octobre pour permettre l'achèvement des travaux... En 1900, un rapport de l'inspection primaire souligne que les « façades [sont] en très mauvais état », et qu'elles n'ont pas été reprises depuis près d'un demi-siècle...

 

Détail d'une carte postale datant vraisemblablement de 1898 (Coll. Claude Visonneau)

 

L'ancien logement des maîtres (aile nord du bâtiment) a été restructuré, agrandi et surélevé d'un étage (Salle du Conseil) en 1967 par l'entreprise Emmanuel Dautais. Toujours dans un souci de gain de place, l'ancienne « cour d'honneur », qui donnait sur la route de Saint Philbert et où poussaient de magnifiques hortensias, a été utilisée pour la construction de bureaux supplémentaires, travaux effectués par l'entreprise Jean Dautais, sans doute l'année suivante. Enfin, deux des anciennes classes, qui recevaient encore des élèves au début des années 1990, ont été annexées depuis.

 

 

Mis en ligne le 1er octobre 2017

 

 

(© P. AMELINE Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur)

 

 

 

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