Georges, le jardinier (5)

 

Revenu à la vie civile, Georges tire un trait définitif sur son rêve de jeunesse : déjà âgé de 39 ans et ayant perdu son frère Emile à Verdun, il ne s'installera jamais à son compte comme maraîcher... Il reprend donc peu à peu son travail de jardinier et ses habitudes à La Bessardais. Constance et leurs filles, qui ont maintenant 8 et 6 ans, l'aident à retrouver l'équilibre après plus de quatre ans de guerre. D'ailleurs, dans le courant de l'année 1920, ce retour à la vie ordinaire se traduit par l'annonce d'un troisième enfant. Malheureusement, cette petite fille, prénommée Marie, meurt à la naissance, le 11 février 1921. Georges et Constance devront attendre 1924 pour voir leur famille s'élargir avec la naissance d'une quatrième fille à qui ils redonneront le prénom de Marie.

 

Cette vie simple et laborieuse est toutefois remise en question lorsque Henri Paumier, propriétaire de La Bessardais, s'éteint à Nantes, dans son appartement de la rue du Roi Albert, en juillet 1930. Depuis plusieurs années déjà, le patron de Georges, septuagénaire, venait moins souvent et séjournait moins longtemps au château. Célibataire et sans enfant, il laisse sa propriété à des héritiers éloignés qui n'ont pas l'intention d'en conserver le personnel. Heureusement, jardinier expérimenté aux solides références, Georges ne tarde pas à trouver un nouveau châtelain pour l'embaucher.

 

Fin 1930 ou début 1931, la famille Freuchet quitte Bouée et la vallée de la Loire pour Joué et la vallée de l'Erdre. On la retrouve en effet au château de Lucinière, au service du comte Adolphe Le Gualès de Mézaubran, maire et conseiller général. A 50 ans, Georges trouve là une bonne place  qu'il gardera jusqu'à sa « retraite ». Les années 1930 sont marquées, pour lui, par les mariages de ses deux premières filles qui lui vaudront bientôt le titre de grand-père !

 

Georgette, la fille aînée de Georges, avait fait son apprentissage de couturière, dans la seconde moitié des années 1920, chez ses tantes Marthe et Louise Janeau qui tenaient un atelier au bourg de Saint Philbert de Grand Lieu. Elle était ensuite revenue auprès de ses parents, à la grande ferme du château de Lucinière, où elle rencontra Pierre Brégeon, un jeune cultivateur qui travaillait aussi pour « Monsieur le Comte ». Le mariage se fit en mai 1932. Bientôt naquirent les deux premières petites-filles de Georges, Georgette et Marie, dont Constance s'occupait pendant que leur mère allait « faire ses journées » de couture au bourg de Joué. Plus tard, il arrivera même aux petites de garder les deux vaches de Georges autour du château, au grand dam du comte qui craignait tant pour ses rosiers !

 

 

C'est à Orvault, où elle a trouvé un emploi de domestique chez un riche minotier, qu'Yvonne, la deuxième fille de Georges, rencontre Etienne Dauly, un charpentier du voisinage, qu'elle épouse en octobre 1936. Leur première fille, surnommée Vonette, fera bientôt la joie de ses cousines. Quant à la troisième fille de Georges, Marie, elle n'a que 15 ans lorsque la guerre éclate.

 

Quelle émotion éprouve Georges, le 3 septembre 1939, lorsqu'il apprend la terrible nouvelle ? Quels souvenirs remontent à sa mémoire ? Quelles inquiétudes l'étreignent ?

« Sa » guerre n'était donc pas « la der des ders » ! Peu après, leurs gendres ayant été tous deux mobilisés, Georges et Constance accueillent Yvonne et Vonette à Lucinière...

 

 

 

 A SUIVRE

 

Mis en ligne le 24 juillet 2019

 

 

 

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