Les Chevrolins "Morts pour la France" en 1914
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1914
1 - Paul GUILET 2 - Joseph RICHARDEAU 3 - Léon DORE
4 - Louis PADIOU 5 - Donatien HERVOUET 6 - Paul PADIOU
7 - Célestin CORBINEAU 8 - Octave PERRAUD
9 - Jean-Baptiste FREUCHET 10 - Jean-Baptiste LHOMELET
11 - Emmanuel PADIOU
1 / 75 Paul GUILET, tué par qui ?
Paul Joseph Jean-Baptiste Guilet est né le 3 juin 1887 à La Tranchais dans la petite ferme de ses parents, Emile Guilet et Mélanie Dautais. Paul est le deuxième fils d'une fratrie qui comptera quatre garçons et trois filles. C'est son grand-père, Jean Dautais, et son oncle, Martin Chevalier, qui le déclarent à la mairie de La Chevrolière, le surlendemain de sa naissance.
A 19 ans on le retrouve valet de ferme au Plessis chez le vieux Mathurin Biton, 85 ans, et sa femme Jeanne Angebaud. En 1907, il passe devant le conseil de révision. Accusant 1m70 sous la toise, sachant lire, écrire et compter, il est déclaré bon pour le service. Il est incorporé le 6 octobre 1908 au 4ème Bataillon de Chasseurs à Pied, à Saint Nicolas, en Meurthe-et-Moselle. Près de deux ans plus tard, il est libéré, le 25 septembre 1910, avec, en poche, un certificat de bonne conduite. Il revient à La Chevrolière et habite quelque temps au bourg, 12 Grand Rue, avant de trouver un engagement à La Forêt, en Bouguenais, à la ferme de Jean Hervouet.
A l'été 1912, il revient travailler à La Tranchais, chez son père ou chez son frère aîné établi dans le même village. A peine est-il de retour qu'il est convoqué pour effectuer une période d'exercice militaire, du 29 août au 20 septembre, à Nantes, au 65ème Régiment d'Infanterie.
Il est âgé de 27 ans et toujours célibataire lorsque son père meurt, le 5 mai 1914, lui laissant peut-être la perspective de reprendre la modeste exploitation. Malheureusement la guerre éclate moins de trois mois plus tard et Paul Guilet est rappelé le 3 août.
Le 5, il quitte Nantes pour Paris avec le 265ème Régiment d'Infanterie. Il stationne à Pantin et Aulnay-sous-Bois, avant de repartir, toujours en train, vers Arras, le 25 août. Le 27, il connaît son baptême du feu en avançant vers Ginchy, dans la Somme, sous les tirs de l'artillerie ennemie. Le lendemain matin, alors que l'avant-garde reçoit l'ordre d'avancer pour stopper la percée allemande, l'artillerie française chargée d'appuyer sa progression n'allonge pas assez le tir et les soldats du 265ème se retrouvent sous le feu croisé des deux artilleries !
Paul Guilet fait partie de la centaine de tués1 que l'on dénombrera à Ginchy, en ce 28 août 1914. A-t-il été tué par les Allemands ? Rien n'est moins sûr...
Ses trois frères survivront à la guerre : ses deux cadets la feront de bout en bout, dans l'artillerie, tandis que son aîné, simple fantassin, sera "renvoyé dans ses foyers" comme père de six enfants, en décembre 1917. C'est ce dernier, Emile, qui poursuivra après guerre l'exploitation de la ferme familiale.
1 : Au soir de la bataille, les Allemands les feront sommairement enterrer dans une fosse à betteraves toute proche du cimetière de Guillemont, dans la plaine de Ginchy. Après guerre, les dépouilles de cette tombe collective ne seront pas déplacées et l'on construira sur cet emplacement un modeste monument où l'on peut encore lire, parmi tant d'autres, le nom de Paul Guilet...
Mis en ligne le 12 janvier 2014
2 / 75 Joseph RICHARDEAU, disparu corps et biens
Martin Richardeau et Madeleine Michaud étaient originaires de Saint Aignan et s'étaient installés, peu après leur mariage, à La Chevrolière où ils avaient de la famille. Ces modestes journaliers ont eu leur premier enfant à La Chaussée. Auguste Mathurin Joseph Marie Richardeau y est né le 11 juin 1893.
A 13 ans, il vit chez ses parents, avec sa petite soeur de 9 ans, Armance ; la famille habite désormais à La Michellerie. Plus tard, Auguste, que l'on appelle plutôt Joseph, s'éloigne de La Chevrolière et devient garçon boucher. Quand sonnent ses vingt ans et l'heure d'accomplir son service militaire, il se trouve à Montlouis-sur-Loire, près de Tours. Il est incorporé au 77ème Régiment d'Infanterie, à Cholet, le 27 novembre 1913. Il ne connaîtra plus la vie civile.
Le 5 août 1914, Joseph embarque en gare1 de Cholet. Il monte en Lorraine avec son régiment, puis prend la direction de Sedan et, le 20, franchit la frontière belge. Mais dès le 24 le régiment choletais doit battre en retraite devant la puissance de l'offensive allemande. Le 30 août, à Faux, dans les Ardennes, Joseph et ses camarades se livrent à "un combat acharné" mais doivent décrocher le soir même. Le lendemain, le 77ème "se porte dans les bois de Juniville et de Bignicourt ". C'est dans ces parages que le lendemain, 1er septembre, Joseph Richardeau disparaît sans laisser de traces, alors que son régiment, serré de près par les colonnes allemandes, doit poursuivre son repli.
Ses parents et sa soeur, installés maintenant à L'Ouche Brûlée, ignoreront pendant six ans ce qu'est devenu Joseph, jusqu'à ce triste jour d'automne où un arrêt du tribunal de Nantes, en date du 6 octobre 1920, met fin à leurs secrets espoirs : "Par jugement déclaratif, le décès d'Auguste Richardeau est fixé au 1er septembre 1914 "...
1 : Joseph Richardeau est quelque part sur ce quai. Il s'apprête à monter dans l'un des trois trains qui vont conduire les 3363 soldats du 77ème R.I. à Pont-Saint-Vincent, près de Nancy, où ils arriveront dans la journée du 7 août.
Mis en ligne le 17 janvier 2014
3 / 75 Léon DORE, tué au début de la Bataille de la Marne
Léon François Henri Doré est né le 12 janvier 1890 au Logis de Tréjet. Son père, Henri Doré, et sa mère, Reine Choblet, sont cultivateurs. Léon travaille déjà avec eux depuis quelques années quand sa mère meurt prématurément en février 1906. Il n'a que 16 ans. Vivent alors avec lui sous le toit familial, son père, son grand-père, deux frères de 5 et 8 ans, Marcel et René, une soeur de 11 ans, Marie-Aimée1 et deux domestiques.
Quand son temps arrive, il est incorporé au 93ème Régiment d'Infanterie, à La Roche-sur-Yon, en octobre 1911. Au terme de ses deux années de service militaire, il est maintenu un mois de plus sous les drapeaux, "par application de la l'article 33 de la loi du 21 mars 1905". Cet allongement, qui n'est pas exceptionnel à l'époque, s'explique par la montée des tensions internationales. Libéré en novembre 1913, il ne retrouvera la vie civile qu'à peine neuf mois avant d'être rappelé dès le 3 août 1914...
Le 8 août, après deux jours de train, le 93ème arrive à Challerange, en Argonne, puis marche vers la frontière belge qu'il atteint le 16. Le 22, Léon Doré survit à la terrible bataille de Maissin, en Belgique, bataille à laquelle participent, entre autres, du côté français, dix régiments d'infanterie essentiellement composés de Bretons et de Vendéens. Après cette bataille s'amorce le repli général de l'armée française. Le 26, le 93ème participe encore à la contre-offensive, victorieuse mais sans lendemain, de Chaumont-Saint-Quentin, près de Sedan. Du 8 au 26 août, en moins de trois semaines, le régiment de Léon Doré a déjà perdu 40 % de ses effectifs !
La retraite se poursuit pendant près de deux semaines avec des combats d'arrière-garde particulièrement usants. Le 6 septembre, nous retrouvons Léon Doré au sud du département de la Marne, dans le petit village de Lenharrée où son régiment a bivouaqué pendant la nuit. Dès 5 heures du matin, la marche reprend pour former avant le lever du jour, à quelques kilomètres de là, une ligne de défense au nord de Fère-Champenoise. Léon Doré trouvera la mort au cours des violents combats qui feront rage autour de ces positions entre le 6 et le 10 septembre.
L'histoire retiendra que la résistance acharnée, le "sursaut", dont ont fait preuve les troupes françaises lors de la Bataille de la Marne, a permis de stopper puis de fixer les armées allemandes sur des positions qui évolueront peu jusqu'au printemps 1918.
Après la guerre, on retrouve le père de Léon, qui s'était remarié dès 1910 avec Augustine Janeau, au Logis de Tréjet, où il travaille désormais en compagnie de son gendre, François Visonneau, qui, après avoir fait la guerre au 5ème Cuirassiers, avait épousé Marie-Aimée en 1919.
René, le frère cadet de Léon, a lui aussi survécu à la Grande Guerre. Agent de liaison au 410ème R.I., il s'est illustré entre septembre et novembre 1918. Rentré à La Chevrolière avec une citation et la Croix de Guerre, il a épousé Alexandrine Doré en 1921 et s'est alors installé à Tréjet. Quant à Marcel, le benjamin, il épousera Eugénie Guilbaud en 1923 et rejoindra la ferme de ses beaux-parents à La Bûchetière.
Photo Vincent Doré (Coll. particulière).
1 : Léon, Marie-Aimée, René et Marcel étaient les cousins germains de Marguerite Doré qui épousera Eugène Doré (74/75) en 1913.
Mis en ligne le 25 janvier 2014
4 / 75 Louis PADIOU, Croix de Guerre à titre posthume
Louis François Padiou est né à L'Angle le 6 février 1888. Il est l'aîné des six enfants d'un couple de cultivateurs, Louis Padiou et Philomène Boutin. Vers l'âge de 14 ans, il quitte la maison paternelle : il est placé comme valet de ferme à La Bourdinière, chez Pierre Guilbaud et Joséphine Choblet. Quelques années plus tard, ce grand gaillard d'1m78 effectue son service militaire à Nancy, au 69ème Régiment d'Infanterie, du 7 octobre 1909 au 24 septembre 1911. Il en revient avec le certificat de bonne conduite.
Le 11 jullet 1914, il assiste aux noces de sa soeur Emilienne avec Victor Courbet, un ébéniste originaire de Montrelais, sans se douter que moins d'un mois plus tard il serait mobilisé... Rappelé le 3 août 1914, il est incorporé au 64ème Régiment d'Infanterie, à Ancenis. Il participe avec son régiment à la bataille des Frontières, jusqu'en Belgique, puis au repli, en Champagne, et enfin à la terrible bataille de la Marne. Dans un message aux troupes daté du 5 septembre, le général Joffre, à la veille de son déclenchement, avait donné le ton : "Une troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis, et se faire tuer sur place plutôt que de reculer..."
C'est au coeur de cette bataille cruciale, à Ecury-le-Repos, dans le secteur des marais de Saint Gond, qu'à une date incertaine mais comprise entre le 6 et le 8 septembre 1914, Louis Padiou fera, comme tant d'autres, le sacrifice de sa vie.
Il sera cité à l'ordre de son régiment en ces termes : "A fait vaillamment son devoir dès les premiers combats de la campagne. Tombé glorieusement en 1914 au cours de la bataille de la Marne." Inscrit à titre posthume au tableau spécial de la Médaille Militaire, on lui décernera, par arrêté ministériel du 8 février 1921, la Croix de Guerre avec Etoile de Bronze.
Louis Padiou, sans date (Collection Jean-Luc Padiou).
Mis en ligne le 20 février 2014
5 / 75 Donatien HERVOUET, le marchand de volailles
Arthur Donatien Marie Hervouet est né à Passay le 3 mai 1891. Il est le troisième enfant d'Edmond Hervouet et d'Aimée Josnin qui en auront six. Fils et petit-fils de marchands de volailles, sa voie est toute tracée. Déjà son frère aîné, Edmond1, est « monté à Paris » pour travailler chez un mandataire des Halles dont il reprendra, plus tard, la charge2. Vers l'âge de 19 ans, Donatien quitte à son tour Passay pour s'installer aux portes de Paris, à Clichy-la-Garenne, où il se déclare, lui aussi, « marchand de volailles ».
Peu après, en octobre 1912, arrivé à l'âge de la conscription, il est incorporé au 1er Régiment de Zouaves, au Fort de Saint Denis. Sans doute affecté au 2ème ou au 3ème bataillon du 1er R.Z., notre Passis part ensuite servir sous le soleil du Maroc. Les dates et la durée de son séjour en Afrique du Nord ne nous sont pas connues. A-t-il pu bénéficier d'une permission pour assister, en novembre 1913, au mariage d'Aimée, sa sœur aînée, avec Charles Cador, forgeron au bourg ? Rien n'est moins sûr.
Encore sous les drapeaux lorsque la guerre éclate, il rentre en Métropole avec ses camarades et débarque à Sète le 4 septembre 1914. Son bataillon et deux autres bataillons de zouaves, issus des 1er et 4ème R.Z., sont appelés à constituer ce que l'on va appeler provisoirement le « Régiment de Marche de Zouaves de la 3ème Brigade du Maroc3 ». La formation et la préparation de ce nouveau régiment issu de l'Armée d'Afrique se fait dans l'urgence, à Caudéran, près de Bordeaux, entre le 4 et le 12 septembre.
Le 13, Donatien et son régiment embarquent à destination de Clermont, dans l'Oise, où ils arrivent le 15 au matin. A peine débarqués, nos zouaves reçoivent l'ordre de se porter à Estrées-Saint-Denis, situé à une vingtaine de kilomètres ; ils y sont à 17 heures. Ce cantonnement sera de très courte durée. Dès le lendemain, au petit matin, le régiment de Donatien est appelé en renfort de la VIème Armée...
Pour la suite, laissons parler un témoin des tragiques événements de la journée du 16 septembre : « C’est alors que la 3ème brigade marocaine cantonnée à Estrées-Saint-Denis reçoit l’ordre de reprendre Carlepont. L’après-midi du 16, après une marche de près de quarante kilomètres par une chaleur étouffante, cette brigade arrive à Bailly, Tracy-le-Val, et va par deux fois, ces vaillants soldats qui n’ont pas encore combattu et sont ardents de se jeter dans la mêlée, charger les Allemands au Mont Pluquet entre Tracy-le-Val et Carlepont. De nombreux Français tombent mais les Allemands reculent4 »...
A peine arrivés sur le front, les zouaves de la 3ème Brigade du Maroc sont plongés dans un baptême du feu particulièrement difficile. Lancés à l'assaut de positions redoutables sur un terrain qu'ils découvrent, sans préparation d'artillerie ni mitrailleuses, ils paieront au prix fort la reprise de Carlepont : 160 tués et 360 blessés !
Donatien Hervouet figure au nombre des victimes de ces combats rapprochés qui ont fait rage tout l'après-midi du 16 septembre 1914... L'annonce officielle de sa mort arrivera à La Chevrolière le 22 novembre.
Son frère François5, canonnier au 35ème puis au 245ème Régiment d'Artillerie, reviendra de la guerre avec le grade de maréchal des logis malgré deux blessures dont l'une le laissera sourd de l'oreille droite. Après avoir épousé Armande Janeau en 1920, il développera à Passay, parallèlement à son frère René, une entreprise d'abattage et de conditionnement des volailles bien connue des Chevrolins.
Vitrail de l'église de Carlepont (Oise) offert par la population en mémoire du sacrifice du 9ème Régiment de Zouaves lors de la bataille du 16 septembre 1914. (Photo Cédric Hoock, sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0 )
1 Son petit fils, Marc Hervouet, est aujourd'hui président national et européen des grossistes en volaille.
2 D'après les travaux du Conseil des Sages de La Chevrolière (La Chevrolière Magazine, juillet 2011, p.17).
3 Il deviendra, en décembre 1914, le 9ème Régiment de Marche de Zouaves.
4 Extrait du Petit Historique de Tracy-le-Mont (1914-1915) de l'Abbé Callard, curé de Tracy-le-Mont.
5 François Hervouet sera Maire de La Chevrolière pendant 25 ans, de 1946 à 1971.
Mis en ligne le 31 janvier 2014
6 / 75 Paul PADIOU, le pontonnier de La Chaussée
En 1890, Joachim Padiou avait épousé Félicité Ordreneau, la fille de l'un des épiciers du bourg de Pont Saint Martin. Ils s'étaient aussitôt installés à La Chaussée. Elle y tenait un petit café-épicerie et lui, qui avait déjà 37 ans, après avoir vendu de la paille, d'abord, du fromage, ensuite, gagnait désormais sa vie comme roulier.
Bientôt ils eurent un premier fils, Auguste (41/75), puis l'année suivante un deuxième, Paul, aussi blond que son aîné. Paul Adrien Edouard Marie Padiou est né le 25 septembre 1892. Arrivés à l'âge de travailler, les chemins des deux frères vont diverger. Si Auguste devient roulier et travaille avec son patron de père, Paul s'en éloigne pour apprendre le métier de menuisier, auquel il sacrifiera bientôt l'auriculaire de la main droite. Quand on l'appelle au service militaire, il vit et travaille à Meudon, en Seine-et-Oise.
Il est incorporé au 6ème Régiment du Génie, à Angers, le 9 octobre 1913. Dès que la guerre éclate, son régiment prend la direction de Nancy, puis de la Belgique. Commence alors le repli vers Charleville-Mézières, Novy puis Fère-Champenoise, où il se trouve le jour même où un autre Chevrolin, Léon Doré, y tombe au Champ d'Honneur.
Notre sapeur pontonnier, qui appartient à la compagnie 9/2, participe aux réparations effectuées sur le pont de Bisseuil le 12 septembre, puis à l'installation de ponts sur chevalets à Tours-sur-Marne1, le 14, et à Condé-sur-Marne, le 15. Sa compagnie est ensuite affectée au secteur de Baconnes, sur la ligne de front, à une vingtaine de kilomètres plus au nord. Il y est depuis une dizaine de jours lorsqu'il est « tué à l'ennemi », le 26 septembre 1914, au lendemain de son 22ème anniversaire.
1 : Photo prise en septembre 1914. Paul se trouve-t-il parmi ces sapeurs au travail ?
Mis en ligne le 3 février 2014
7 / 75 Célestin CORBINEAU, le « pépère » du Motois
Né au Motois le 9 août 1873, Auguste Joseph Célestin Corbineau est le premier enfant d'un couple de modestes cultivateurs, François Corbineau et Joséphine Doré. Dès qu'il est en âge, il commence à seconder son père à la ferme familiale. Bientôt, en raison des circonstances, c'est même sur ses seules épaules que va reposer la survie de l'exploitation. Cette situation difficile l'amène à demander une dispense du service militaire, soutenu en cela par le conseil municipal qui émet un avis favorable le 25 février 1894 : «Ce jeune homme est l'aîné de quatre enfants ; son père a une mauvaise santé ; il a un oncle faisant société avec son père qui est paralysé et ne jouit plus de toutes ses facultés ; sa famille est dans l'indigence ; c'est lui qui conduit les bœufs de leur ferme...»
Malgré cette démarche, il est appelé sous les drapeaux et incorporé, le 13 novembre 1894, à Nantes, au 65ème Régiment d'Infanterie. Toutefois, profitant de l'article 22 de la loi de 1889, Célestin, en tant que «soutien indispensable de famille», obtient une libération anticipée au bout de dix mois, le 24 septembre 1895.
Au tournant du siècle, la famille Corbineau doit quitter la ferme du Motois pour reprendre une exploitation de moindre importance, à La Petite Noë. Célestin accomplit deux périodes militaires en 1900 et 1903 puis, semble-t-il, quitte la demeure familiale pour épouser Lucie Charrier, originaire de Saint Etienne de Corcoué, et s'installer avec elle dans une petite maison du bourg. En 1906, ils se déclarent tous deux journaliers.
Versé dans l'armée territoriale en 1907, il est encore appelé pour une période militaire l'année suivante. En 1911, âgé de 38 ans, il vit toujours au bourg de La Chevrolière mais apparaît seul lors du recensement. Qu'est devenue son épouse ? Nos recherches sont restées vaines1. C'est alors qu'il pensait sans doute en avoir fini avec les obligations militaires que la guerre éclate. Célestin, qui va avoir 41 ans, est rappelé le 4 août 1914 et rejoint, dix jours plus tard, le 81ème Régiment d'Infanterie Territoriale qui se forme à Nantes.

Une escouade de "vieux soldats" du 81ème RIT. Carte postale datant de 1915 (Coll. L. Dautais).
Envoyé dans la Somme, le 81ème RIT se trouve pris de façon inattendue dans ce qu'on a appelé « la course à la mer », contrecoup de la bataille de la Marne. Les territoriaux, que l'on surnommait aussi les "pépères" en raison de leur âge, subiront de lourdes pertes au cours de violents combats auxquels ils n'étaient pas préparés. C'est ainsi que le soldat de première classe Auguste Corbineau disparaît à Bussu, un petit village situé à 3 kilomètres de Péronne, le 23 septembre. Qu'est-il devenu ? Il faudra attendre la fin de la guerre pour qu'on retrouve sa trace et qu'on établisse, en octobre 1919, qu'il avait été blessé au moment de sa «disparition» puis transporté jusqu'à l'hôpital de Ham, alors occupé par les Allemands, et qu'il y était décédé quatre jours plus tard, le 27 septembre 1914.
1 Lucie Charrier serait décédée à Niort en mars 1945.
Mis en ligne le 10 février 2014
8 / 75 Octave PERRAUD, le fermier du Richelieu
Octave Pierre Charles Marie Perraud est né dans l'unique ferme du Richelieu le 24 novembre 1883. Il ne la quittera que deux fois ; la première pour faire son service militaire, la seconde pour aller mourir à la guerre...
Quand il naît, c'est son grand-père, Charles Dautais, qui dirige la ferme où vivent déjà, sous le même toit, sept personnes : outre ses grands-parents, ses parents, Pierre Perraud et Marie Dautais, la sœur cadette et les deux jeunes frères de sa mère. Dans les années qui suivent, quatre nouvelles naissances viennent encore agrandir la famille.
A vingt ans, Octave est devenu soutien de famille et présente une demande de dispense du service militaire. Le conseil municipal du 29 mai 1903 lui apporte un avis favorable : «Il est l'aîné d'une famille de cinq enfants qui a à sa charge l'aïeul, Dautais Charles, âgé de 78 ans. Il est le conducteur des bœufs de la ferme et assiste toujours son père, qui est sourd, pour faire les marchés d'achat et de vente à la ferme».
Profitant du fameux article 22, Octave Perraud effectue un service raccourci à dix mois, du 15 novembre 1904 au 27 septembre 1905 ; il est affecté au 136ème Régiment d'Infanterie, à Saint Lô, dans la Manche. Par la suite, il sera convoqué pour deux périodes militaires, à Nantes, au «6.5.», à l'été 1908 et au printemps 1913. Entre temps, le 12 février 1912, Octave a épousé, à La Chevrolière, Marie Armande Françoise Guillet, une fille de La Brosse Tenaud, en Saint Philbert. Ils auront leur premier et unique enfant en 1914, un fils auquel, selon la tradition, ils donneront le prénom du père.
Départ du 65ème R.I., le 5 août 1914. Octave le rejoindra quelques jours plus tard (Coll.Brosseau).
Mais la guerre éclate et Octave Perraud est rappelé le 11 août 1914. Incorporé à Nantes, au 65ème Régiment d'Infanterie, il survit à la bataille des Frontières puis à la bataille de la Marne avant de quitter la Champagne, à la fin septembre, avec un régiment décimé. La «course à la mer» a commencé et comme beaucoup d'autres régiments, le 65ème RI est envoyé, vers l'ouest, dans la Somme.
A partir du 13 octobre, le régiment d'Octave, réparti sur trois lignes de tranchées, progresse lentement entre Auchonvillers et Beaumont-Hamel. Ce secteur du front ne semble pas être le plus actif à ce moment-là. Le service médical note dans son journal que «les tués et les blessés sont peu nombreux». Assez actif, cependant, pour que le 20 octobre au soir, Octave Perraud manque à l'appel. Disparu, les autorités militaires le déclarent «présumé tué», sans autre preuve. Un jugement déclaratif du tribunal de Nantes le confirmera le 11 janvier 1921.
Octave Perraud est ainsi le premier soldat chevrolin qui laisse une veuve et un orphelin. Marie Perraud et le petit Octave vivent encore au Richelieu en 1921 puis quittent la ferme pour le bourg de La Chevrolière.
Mis en ligne le 28 février 2014
9 / 75 Jean-Baptiste FREUCHET, l'Africain
Jean-Baptiste Auguste Jean-Marie Freuchet est né le 13 mars 1889 au Logis de Tréjet où ses parents, Jean-Baptiste, originaire de La Vannerie en Saint Philbert, et Joséphine Perraud, sont ouvriers agricoles. Deux ans plus tard, on les retrouve chez les grands-parents maternels de l'enfant, aux Huguetières, puis à Tournebride en 1896 et, en 1901, au Râteau où ils semblent s'installer définitivement. Jean-Baptiste suit les traces de ses parents et devient lui aussi «domestique agricole». A 17 ans, il travaille aux Huguetières, chez François Freuchet.
Il fait son service militaire à Dinan, au 24ème Régiment de Dragons du 1er octobre 1910 au 25 septembre 1912. Revenu à la vie civile depuis à peine un an, il décide de s'engager «au titre spécial du Maroc» à la sous-intendance militaire de Nantes, le 18 août 1913. Quelles ont été les raisons de ce choix plutôt exceptionnel chez les agriculteurs chevrolins ? L'attrait pour la vie militaire ? L'envie de «voir du pays» ? Un chagrin d'amour ? Le désir d'échapper à la misère de sa condition ? Les archives, bien sûr, n'en disent rien...
Bientôt c'est le grand voyage, la longue traversée, les côtes d'Afrique du Nord, Casablanca. Jean-Baptiste Freuchet se retrouve «marsouin» au Premier Bataillon d'Infanterie Coloniale du Maroc, 1ère compagnie. Depuis 1907, la France est à pied d'oeuvre pour accroître progressivement son contrôle sur le royaume chérifien, également convoité par l'Empire allemand. La «pacification du Maroc» a été engagée par le général Lyautey. En 1914, elle n'est pas terminée et le bataillon de Jean-Baptiste est envoyé dans le Moyen Atlas pour la poursuivre. En juin 1914, il participe à la prise de Khénifra, un poste important qui fait face au territoire de l'une des tribus insoumises les plus redoutables, les Zayanes, qui sont alors sous l'influence des services germano-turcs.
Contre toute prudence, le colonel Laverdure qui commande ce poste avancé planifie une attaque surprise du campement zayane d'El Herri situé à une douzaine de kilomètres. Le vendredi 13 novembre 1914, peu avant 3 heures du matin, Jean-Baptiste Freuchet et son bataillon se retrouvent sur le pied de guerre. A l'aube, la colonne, composée de 43 officiers et 1230 hommes, est déjà en vue du campement rebelle. Elle s'en empare et le détruit facilement mais son principal objectif n'est pas atteint : le chef des Zayanes, Moha Ou Hammou, a réussi à s'enfuir. C'est au moment où le détachement français s'apprête à rentrer, vers 10 heures, que près de 4000 combattants et cavaliers berbères apparaissent sur toutes les hauteurs environnantes, l'encerclent puis fondent sur lui.
Surprise, désorganisée et bientôt à court de munitions, la colonne française est écrasée : on dénombre 33 officiers et 580 soldats tués ! Jean-Baptiste Freuchet est l'un d'entre eux. «Les pertes les plus catastrophiques subies par les Français en Afrique du Nord», aurait dit Lyautey. Ce désastre passera pourtant inaperçu dans une France métropolitaine déjà, elle-même, plongée dans la guerre.
Mis en ligne le 7 mars 2014
10 / 17 Jean-Baptiste LHOMMELET, le fils de Fidèle
Le fils de Fidèle Lhomelet et de Jeanne Guilet est né à La Thuilière le 10 novembre 1881. Ses parents le prénomment Jean-Baptiste Joseph Fidèle. Il travaille sur la ferme de ses parents jusqu'à l'âge du service militaire pour lequel il obtient le statut de «soutien de famille» grâce à l'avis favorable du conseil municipal de mai 1902 : «Son père est atteint d'une maladie de cœur très grave qui l'empêche de travailler et de diriger ses travaux agricoles ; sa mère est aussi atteinte d'une maladie nerveuse qui la retient souvent à la maison. Il est seul garçon dans sa famille ; il a une sœur mariée hors la maison paternelle, et mère de deux enfants ; elle ne peut rien faire pour ses père et mère ; une autre sœur âgée de 11 ans, elle est trop jeune pour travailler. C'est lui qui est le soutien de sa famille ; son absence pendant trois ans la laisserait dans la plus triste situation.»
Il effectue donc un service raccourci à dix mois au 66ème Régiment d'Infanterie de Tours, du 14 novembre 1902 au 19 septembre 1903. Il revient ensuite à La Thuilière pour s'occuper de la ferme familiale jusqu'à son mariage avec une jeunesse de 20 ans, Germaine Marie Augustine Bachelier, de La Landaiserie, qu'il épouse le 22 juin 1908. Mais le bonheur du jeune couple sera de courte durée. Germaine donne naissance à une fille, qui portera le même prénom qu'elle, mais meurt, vraisemblablement des suites de l'accouchement, le 9 juin 1910. Le veuf et l'orpheline s'installent alors à La Landaiserie, dans la ferme où vivent déjà, sous le même toit, ses beaux-parents, son beau-frère, Joachim Bachelier, avec son épouse ainsi que la grand-mère de la jeune défunte, Marie Ganuchaud.
Le temps du chagrin et du deuil passé, Jean-Baptiste Lhomelet songe à refaire sa vie. A 32 ans, il rencontre une femme de son âge, Mélanie Monnier, originaire de La Limouzinière, qui accepte de l'épouser. Jean-Baptiste Lhomelet convole donc une seconde fois en justes noces, le 6 juillet 1914. Mais le sort semble s'acharner sur lui puisque leur vie commune ne durera, en tout et pour tout, que 45 jours... Dès le 20 août, en effet, Jean-Baptiste est rappelé, comme réserviste, au 265ème Régiment d'Infanterie. Il quitte Nantes pour la Picardie dans les jours suivants. Il ne reverra jamais Mélanie.
Son régiment a pris position sur cette partie du front qui s'étend de la Somme jusqu'à l'Aisne. En octobre, les deux armées qui se font face s'enterrent dans les lignes de tranchées qu'elles viennent de creuser. Le 265ème se trouve aux alentours de Saint Pierre-lès-Bitry et de Moulin-sous-Touvent, dans le département de l'Oise. La «guerre des tranchées» commence pour de bon et les conditions de vie des Poilus deviennent vite extrêmement pénibles. La situation du régiment nantais s'aggrave encore lorsque, courant octobre, une épidémie de fièvre typhoïde se propage...
L'hôpital temporaire n°106 de Villers-Cotterêts où Jean-Baptiste a été transféré.
On peut lire, à la date du 1er novembre, dans le journal du service de santé du 265ème que «depuis que le régiment occupe les tranchées, l'épidémie de fièvre typhoïde fait de plus nombreuses victimes. La moyenne des évacuations par suite de la maladie atteint une moyenne de 12 à 15 par jour.» A une date indéterminée, mais vraisemblablement en novembre, Jean-Baptiste Lhomelet sera lui aussi touché par la maladie et évacué vers l'hôpital temporaire de Villers-Cotterêts situé à une vingtaine de kilomètres plus au sud. C'est là qu'il mourra le 12 décembre 1914 «de maladie contractée au service».
Sa petite fille, Germaine, qui n'a que 4 ans et demi à sa mort, sera élevée par ses grands-parents Bachelier. On la retrouvera avec eux à La Landaiserie en 1921, à Fablou en 1926, à Bellevue en 1931... Entre temps, la dépouille de Jean-Baptiste aura été rapatriée à La Chevrolière, le 21 mai 1922. Quant à sa malheureuse veuve, Mélanie, dite Marie, Lhomelet, elle ne se remariera jamais. Elle exercera le métier de couturière, au bourg de La Chevrolière, jusqu'à sa mort, en 1944.
Mis en ligne le 15 mars 2014
11 / 75 Emmanuel PADIOU, l'homme des deux « métairies »
Emmanuel Jean Marie Padiou est né le 17 février 1874 à La Métairie de L'Angle. C'est le troisième et dernier fils de Pierre Padiou et de Marie Guilet. L'exploitation est alors dirigée par la grand-mère, Cécile Lhomelet, 61 ans, «chef de ménage» depuis la mort de son mari, Julien Guilet, l'été précédent. Elle réunit sous son autorité et sous son toit ses deux filles qui ont chacune trois enfants, ses deux gendres, ainsi que deux domestiques. Emmanuel, comme ses frères et ses cousins, travaille très tôt sur la ferme familiale.
Son frère, Jean Baptiste, est déjà sous les drapeaux lorsqu'il est appelé à son tour. Cette circonstance lui permet de bénéficier de la dispense dite du «frère au service» qui raccourcit la durée de ses obligations militaires. Emmanuel doit toutefois accomplir un long voyage qui le conduit jusqu'en Avignon, à la caserne d'Hautpoul, où a été formé, l'année précédente, le 7ème Régiment du Génie. Il y est incorporé le 12 novembre 1895. Le voici sapeur, pour dix mois, sous le soleil du Midi. Il est libéré le 22 septembre 1896. Par la suite, il accomplira les deux périodes réglementaires, que doit tout réserviste d'active, à Angers, au 6ème Régiment du Génie, en septembre 1901 et 1905.
Entre temps, il a épousé Reine Coëslier, le 7 janvier 1902. Il n'est pas allé la chercher bien loin. La jeune mariée, qui a tout juste 20 ans, est née à moins d'un kilomètre, à La Métairie de Tréjet. Il la connaît sûrement depuis toujours et d'autant plus que son frère aîné, Joseph, a épousé la sœur de Reine quelques années auparavant. Emmanuel va alors passer d'une «Métairie» à l'autre... Les jeunes mariés s'installent à La Métairie de Tréjet où le travail ne manque pas et où le beau-père, Martin Coëslier, commence à se faire vieux. Bientôt deux petites filles viennent égayer leur foyer, Marie, qui naît en 1904 et Constance Alcina, en 1907.
Quand la guerre éclate, Emmanuel Padiou a déjà 40 ans. Il est rappelé le 5 août 1914 et reçoit une « feuille de route » pour la première compagnie du 11ème Bataillon Territorial du Génie qui se forme alors à Lorient. Cette compagnie, qui dépend du 6ème RG, est composée de quatre sections mais nous ne savons pas à laquelle appartenait Emmanuel ; l'une des sections reste à Lorient et travaille durant les mois suivants au démontage de la voie ferrée de 21 km qui relie La Trinité à Etel, les trois autres partent à Brest pour effectuer des réparations sur divers forts qui protègent la ville et le port, et construire un camp de prisonniers de guerre à L'Ile Longue. Le 2 novembre, toutefois, les quatre sections sont rassemblées à Brest et apprennent avec gravité qu'elles sont «formées en compagnie divisionnaire» : après une instruction de quatre semaines elles monteront au front renforcer l'armée d'active.
Au soir du 2 décembre, les 191 hommes (officiers compris) du 6ème Génie 11/1 T quittent la gare de Brest à destination de Troyes puis de Sainte Ménehould, dans la Marne, qu'ils n'atteignent que le surlendemain, à 18h30. Le 5, la compagnie est dirigée sur Vienne-le-Château, dans la forêt d'Argonne. Les 6 et 7 décembre, les sapeurs construisent des «gourbis» pour deux bataillons d'infanterie, du 8 au 11 ils aménagent des abris dans la 3ème ligne de tranchées. A partir du 12 décembre, Emmanuel Padiou et ses camarades se retrouvent soudain beaucoup plus exposés. Ils ont reçu l'ordre de procéder à des travaux de sapes et de mines, de jour et de nuit, sur la première ligne de tranchée, dans le secteur du Bois de La Grurie où la pression ennemie devient alarmante.
C'est au cours de cette période de travaux incessants, exténuants et dangereux qu'Emmanuel va trouver la mort. A la date du 19 décembre 1914, on peut lire dans le journal de la compagnie cette phrase aussi sèche que précise : «A 13h10, en se rendant relever l'équipe employée à la sape (ouest), le sapeur-mineur Padiou a été tué d'une balle à la tête»...
Au cours du mois suivant, le 16 janvier, la compagnie 11/1 T sera citée à l'ordre de la division, par le général Cordonnier. Cette citation sonne comme un triste hommage posthume au sapeur Padiou : «Se sont particulièrement fait remarquer par leur endurance et leur entrain à exécuter des travaux de jour et de nuit sur la première ligne de tranchées sous le feu de l'ennemi dans le Bois de La Grurie»...
Comme souvent après la Grande Guerre, le prénom du «soldat mort» est rapidement redonné à un enfant de la famille. Il en sera également ainsi chez les Padiou. Quand la fille aînée d'Emmanuel, Marie, accouche d'un premier enfant, en 1923, c'est ce prénom qu'elle lui donne et non celui du père, comme c'était pourtant la coutume.
Mis en ligne le 25 mars 2014
(© P. AMELINE Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur)
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